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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 00:01

On le sait bien, la Nature n'aime pas le vide. Elle a besoin de coloniser, de s'étendre, de pousser, encore et encore, sans limites bien définies, et elle le fait avec un certain talent!!

A l'échelle du jardin, c'est un peu différent: quelques-unes des plantes que l'on a choisies, plantées, parfois même chouchoutées, ont tendance à nous dépasser tant leur croissance est vive et leur besoin d'espace est grand... Il va falloir les canaliser!

 

Le plus fameux de ces végétaux est bien-sûr le bambou. La très grande majorité d'entre-eux développe effectivement des rhizomes aussi puissants que traçants lesquels sont souvent très difficiles à contrôler. Plantons un Phollostachys aurea par exemple: il aura vite fait de former un bosquet et, si rien n'était fait, se transformerait non moins rapidement en une véritable forêt!! Pire encore, après quelques années, ses turions (= rejets) se dresseront comme des épées dans votre pelouse vert immaculé! Combien de week-end gâchés à cause d'un pied perforé?!... Heureusement, il existe des solutions. La plus efficace d'entre-elles est la pose d'une 'barrière anti-rhizomes', à la plantation.


Il y en a de toutes sortes, chacune a son appellation ou sa marque déposée. Une seule cependant s'avère véritablement fiable: vous la reconnaîtrez, elle est noire, faite de polypropylène d'un demi millimètre d'épaisseur pour une hauteur de 70cm. Il n'en faut pas moins pour canaliser un bambou comme devenu fou! (je dois cependant  reconnaître qu'il ne m'a pas encore été donné de la croiser en jardinerie, mais seulement et malheureusement que chez les revendeurs spécialisés!)

En général, quand il rencontre un obstacle, le bambou plonge, part en apnée, bien décidé mais, très vite, doit renoncer... Il a tendance à remonter vers 50cm de profondeur (d'où la hauteur de ces 'barrières'), sans quoi il aura tout le loisir de se déployer et conquérir les espaces vierges de sa présence, quitte à passer sous les fondations du mur mitoyen!

 

Mais, à y regarder de plus près, il n'y a pas que le bambou qui ait cette fâcheuse tendance à pousser bien au-delà de l'endroit où on l'a installé. Je pense à toutes les plantes drageonnantes, cespiteuses ou rampantes: même si leur croissance ou leur gestion est plus aisée que celles du bambou, il y a quantité de végétaux qui auront vite fait de vous déborder.


Je pense à la Prêle (Equisteum) en particulier. Voici un végétal qui ne peut s'empêcher d'avancer, de coloniser, de dépasser le cadre dans lequel on souhaite le voir se développer. Pas de miracle: à moins de l'installer dans un cube en béton armé, il faudra prévoir de le 'barrière anti-rhizommer'!! C'est d'ailleurs également la meilleure façon de lui conserver un port 'groupé', sans quoi son attrait esthétique se diluerait...

Mais c'est loin d'être le seul, je pense également à Macleaya cordata, qui ressort à plus d'un mètre d'où on l'avait plantée et un petit peu plus chaque année, aux Pétasites par exemple, lesquelles s'avèrent absolument incontrôlables, même en container, ou encore aux Hémérocalles qui n'ont de cesse de gagner du terrain si rien n'est fait, et qui compromettent généralement l'existence des plantes qui les entourent...

 

Pour les végétaux drageonnants mais de croissance plus modeste comme Pachysandra terminalis, Ajuga reptans ou Cornus canadensis, un simple coup de bêche de temps en temps suffira à limiter leur expansion. L'opération aura également pour avantage de vous offrir quelques pieds que vous pourrez ensuite distribuer.

Il y en a tellement d'autres, je pense notamment à Erigeron karvinskianus, Helxine soleirolli, Lysimachia nummularia et j'en passe!! Pour tous ces végétaux, il conviendra de les diriger, de les contenir, en désherbant régulièrement afin de limiter leur extension au détriment, encore une fois, des végétaux qui les côtoient.

 

Enfin, il existe également de nombreuses annuelles qui n'ont de cesse de se ressemer comme Nigella damascena, les Cosmos, Lunaria annua et j'en passe qui, souvent, deviennent  envahissantes, aussi je ne peux que vous conseiller de savoir correctement identifier les jeunes semis afin de ne garder que le nécessaire pour le jardin.

 

Vous l'aurez compris, tout l'art du jardinage consiste à canaliser, à contrôler la croissance des végétaux, même s'il faut parfois envisager de les contenir, de les diriger ou, au pire, de s'en séparer...

 

Ci-dessous et pour illustrer ce modeste article qui ne peut qu'effleurer le sujet, je vous propose la photo d'une douce invasive: Schlerautus uniflorus (plante rare), immortalisée en début ce de printemps à Saint Jean de Beauregard...

 

Scleranthus uniflorus Silvere Doumayrou

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Published by Silvère Doumayrou - dans Sujets généralistes
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