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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 00:01
Quel plaisir de se planter là, en pleine ville, devant une improbable prairie, vert immaculée...
Oui, je ne parle manifestement pas que des arbustes qui m'ont séduits sur 'La Pépinière 2', mais aussi de bien d'autres végétaux, peut-être un peu plus discrets, telles les graminées.
Je suis dans l'incapacité totale de vous pondre des kilomètres de mots bien sentis ou autres phrases bien tournées pour vous parler de Stipa tenuifolia, mais il me semblait qu'il fallait tout de même aborder son cas...

Stipa tenuifolia est une graminée incontournable à tout bon jardin correctement achalandé & qui se respecte! Oui, mais c'est quoi une 'graminée'?
Pour faire simple, une graminée est une herbe qu'on a l'habitude de fouler, de piétiner & parfois d'apprécier, que l'on se balade, qu'on joue au foot ou sur laquelle on se prélasse...
Vous savez, ces fines pousses vertes qui, une fois coupées, deviennent du 'gazon'?
Stipa tenuifolia en est une,
peut-être un poil moins commune qu'une Fétuque classique ou autre 'Ray grass' qui ne sont, en général, que des graminées qui composent la plupart de nos pelouses.

En effet, son utilisation est très éloignée de celles de nos gazons: elle a un sacré pouvoir décoratif que n'ont pas ses cousines. Elle n'est pas la seule. Des graminées, disons, d'ornement, il y en a un paquet. Je pense bien sûr aux plus connues d'entre elles comme les PennisetumMiscantus et j'en passe, mais notre Stipa, comme
Carex comans ou autre Fetuca glauca a ce pouvoir d'arborer un feuillage persistant en hiver. Il faut reconnaître que c'est très beau les grandes herbes au coeur de l'été mais, n'oubliez jamais (entre autre quand vous les achetez & quand vous les installez) qu'elle ne font 'bonne figure' qu'une petite partie de l'année (a peine six mois environ) Le reste du temps vous ne contemplerez qu'un vulgaire amas de feuilles jaunies type paille, au mieux foin, lesquelles risquent alors de vous provoquer un gros chagrin...

On l'appelle communément 'Cheveux d'Ange' et on comprend assez vite pourquoi: la quantité & la finesse (impressionnantes) de ses feuilles, plus proches de la soie que de n'importe quel autre matériau, font de cette graminée un véritable joyau... Certes, j'en rajoute une tonne, mais c'est juste pour la rime!! Quand même, il suffit de jeter un oeil sur la photo pour comprendre que mes remarques ne sont pas complètement délirantes: Stipa tenuifolia est une remarquable graminée.

Elle est de petite taille, certes, mais en dehors de sa 'persistance', Stipa tenuifolia a plein de qualités. Si vous la plantez, en gros, dans un substrat constitué pour moitié de terre végétale & de terreau horticole, exposée plein Sud évidemment, vous obtiendrez les meilleurs résultats: elle se délectera de ces conditions, où que vous vous trouviez en France...
Pour vous assurer une bonne couverture à la plantation, je vous conseille d'en installer au  minimum entre 7 & 9 au mètre carré.
Comme dit précédemment je n'en ferai pas une 'tartine', mais si vous rêvez d'une petite graminée qui s'adaptera aussi bien au climat du Sud comme de la Savoie, achetez Stipa tenuifolia!! Seule ou en nombre, en bac ou en pleine terre, elle ne pourra que vous satisfaire!

Photo ci-dessous: Stipa tenuifolia dans les Jardins du Musée du Quai Branly, à Paris...

Stipa tenuifolia Silvere Doumayrou
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 00:01
Il faut dire la vérité: les Viburnum sont loin d'être mes végétaux préférés. J'irai même plus loin, les plus connus d'entre eux sont inscrits à la 'black liste' de mes plantes les plus détestées! Oui, mais alors ça tombe plutôt mal comme introduction à un article consacré à l'un des végétaux qui m'ont séduits, je vous l'accorde! Certes. Je vais donc tenter de me rattraper et, pour ce faire, j'ai quelques arguments à vous apporter...

D'abord, il ne s'agit pas d'un Viburnum commun, comme tinus ou opulus. Non, Viburnum bodnatense est pire encore: lors de la 'belle saison' on croirait qu'il est juste 'mort de soif'! En effet, son feuillage & son port, d'une façon générale, nous laissent à penser que notre arbuste est plutôt mal en point. Il arbore un profil grêle, presque 'souffroteux', tant ses feuilles semblent hésiter entre survivre & mourir! Il va de soi que ces considérations n'engagent que moi, mais je le pense & ne suis certainement pas le seul dans ce cas.

Évidemment, courant mai, quand son superbe cousin Viburnum plicatum est en pleine floraison, notre bodnatense est loin de lui arriver à la moitié de la cheville, mais...

Oui, mais: Viburnum bodnatense est certainement l'un des végétaux les plus raffinés qu'il soit quand enfin l'on se penche, en plein mois de janvier, sur sa floraison. D'abord celle-ci a l'extrême témérité de se développer au coeur de l'hiver (de décembre à février selon les régions) comme le font les Corylopsis, les Camelia, les Sarcococca, les Daphnées & autres Mimosa, tous, à cette période de l'année, arrivent au paroxysme de leur floraison. Mais Bodnatense les dépasse & de loin: l'arbuste se couvre idéalement d'une multitude de petites fleurs en grappes, leur couleur allant du rose soutenu au blanc immaculé...

Plus fort encore est quand enfin l'on approche son nez:
la délicieuse fragrance que développe notre Viburnum est juste enivrante! A quand le Net avec les odeurs? Parce qu'une simple photo ne remplacera jamais les émotions ressenties, je vous invite vraiment à le découvrir in situ & 'pour de vrai'... Votre nez sera seul juge! Les Hammamelis ou autres Edgeworthia chrysantha peuvent tout donner: notre attention est irrémédiablement détournée par Viburnum bodnatense.

Côté culture, rien de plus simple: prévoyez seulement de le planter dans une terre plutôt argileuse & correctement amendée. C'est tout. Pour le reste, des tailles régulières de 'mise en forme' ne pourront que multiplier ses ramifications & donc d'accroître sa floraison. Après plantation veillez seulement à l'arroser régulièrement, au moins la première année, afin de favoriser son enracinement.

Même si on ne le trouve encore qu'assez rarement en jardinerie comparé à ses cousins bien plus 'végétaugéniques', on le trouve! Essayez-le, plantez-le, idéalement dans une 'haie vive' ou 'paysagère', sa floraison & les fragrances qu'elle génère ne pourront que vous satisfaire...

Photo ci-dessous: Viburnum bodnatense au Jardin des Plantes à Paris dans son plus bel habit...

Viburnum bodnatense Silvere Doumayrou

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 00:01
On connaît tous le Sureau, cet arbuste que l'on rencontre dans la plupart des régions françaises, en lisières de forêts ou dans les jardins abandonnés. Un arbuste simple & populaire. Le Merle se délecte de ses baies en fin d'été & le 'bipède relevé' fait, de ses fleurs, un sirop très proche de celui d'orgeat.

Mais le Sureau commun (Sambucus nigra) est en fait la partie émergée de l'iceberg: c'est  seulement l'un des représentants d'une grande famille que sont les Sambucus.
J'ai deux 'chouchou' parmi eux, ce sont Sambucus nigra "Black Lace" & Sambucus aurea.
Le deuxième est incroyable: non seulement ses feuilles sont découpées comme aucun autre Sureau (une vraie dentelle!), mais en plus son feuillage est d'une couleur anis complètement improbable: il a l'art de mettre une touche acidulée dans le jardin comme personne!

Mais celui qui m'intéresse aujourd'hui & que j'ai également planté dans mon jardin est le Sambucus nigra "Black Lace". Expliquons un peu: dès que vous voyez des guillemets & des majuscules en bout d'un nom vernaculaire, cela veut dire que vous avez affaire à un 'cultivar', c'est à dire un sujet qui a été obtenu par croisement (ou autre manipulation génétique)
Il faut reconnaître que c'est parfois plutôt réussi! C'est le cas de ce Sureau qui présente les mêmes caractéristiques que son 'cousin commun', à une différence près: les feuilles qu'il porte sont quasi noires!

Quel spectacle quand, en début d'été, sur fond de ses feuilles noires-violines, notre Sambucus déploie en quantité ses grappes de fleurs d'un blanc-rose idéal, si parfaites qu'on croirait le travail d'une agence de tendances! Tout a été organisé pour nous scotcher & c'est réussit!! Magnifique... (voir photo)
Maintenant voici les bonnes nouvelles: d'abord il faut savoir qu'on commence à le trouver depuis deux ou trois ans dans n'importe quelle jardinerie, souvent de petite taille & pas forcément bon marché mais, passons, de le trouver est déjà une victoire en soi.
Ensuite, non seulement sa croissance est très rapide, mais en plus il est très facile de le multiplier pratiquement à n'importe quelle période de l'année: prélevez des tronçons de tiges 'aoûtées' de 25 cm environ & plantez-les dans un mélange de sable, terre franche & terreau. Gardez les boutures à mi-ombre & le substrat humide. Dès l'année suivante vous pourrez les repiquer dans un container plus grand ou en pleine terre (pensez juste à supprimer la plupart des feuilles pour éviter une évaporation qui pourrait mettre en péril leur bonne reprise)

Côté culture, il est certain qu'il aime particulièrement les sols azotés mais il n'en demeure pas moins qu'il est capable de s'installer pratiquement n'importe où. D'ailleurs aussi bien au soleil qu'à l'ombre, seul ou accompagné & sous des climats rigoureux ou plus doux...
Bref, voici un végétal qu'il est impossible de rater.

Allez, avouons-le, Sambucus "Black Lace" n'a qu'un seul défaut: il perd ses feuilles en hiver! Je sais, c'est bête, mais s'il pouvait les garder ce serait encore plus impressionnant (surtout avec, sur ses feuilles, une légère couche de neige blanche immaculée!)
Alors & avant de vous quitter, n'oublions pas quelques autres végétaux qui portent eux aussi des feuilles 'noires' (et qui pour la plupart sont persistants), je pense notamment à Phyllostachys nigra, Pittosporum tenuifolium atropurpureum, Ophiopogon planiscapus nigressens, Geranium pratense, Oxalis regnellii, Euphorbia dulcis "Cameleon", Albizia julibrissim "Summer Chocolate", Aenium arboreum "Schwarzkopf", Ipomee batatas "Blacky" & j'en oublie certainement...

Photo ci-dessous: mon
"Black Lace" n'étant pas encore assez photogénique pour vous être présenté je vous propose, en attendant, le détail d'une inflorescence de Sambucus nigra 'Guincho Purple'  capturée au Parc André Citroën à Paris, à la fin du mois de mai...

Sambucus nigra 'Black Lace' Silvere Doumayrou
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 00:01
On parle beaucoup des Hydrangéa, de ces cultivars qui sortent plus nombreux chaque année, que l'on expose en tête de gondole des jardineries comme n'importe quel  produit de grande consommation & auquel il ne manquerait plus que l'étiquette: 'Élu meilleur produit de l'année'!
La nouveauté c'est bien, mais il ne faudrait pas qu'elle nous fasse oublier l'un des plus beaux représentants de la famille: Hydrangéa quercifolia.

Vous le savez certainement, mais "Quercifolia" veut dire "à feuilles de Chêne" (Quercus = Chêne) C'est très exact: la ressemblance est forte même si celles de notre Hydrangéa sont bien plus grandes que celles du Chêne (elles font d'ailleurs partie des plus imposantes de la famille) mais cela est encore plus vrai quand, tout juste avant l'hiver, Hydrangéa quercifolia abandonne le vert intense de ses feuilles pour faire place à des couleurs bien plus automnales allant du pourpre au brun en passant par l'orange puis le rouge...

Avant tout & pour savoir pourquoi on ne le trouve pas si souvent en jardinerie, il faut préciser que notre Hydrangéa est plutôt cassant. Par expérience, je sais qu'il est plus aisé de proposer à la vente de très jeunes pieds (des boutures, en fait) plutôt que des sujets plus avancés: la répétition des manipulations vont rapidement le transformer en 'gueule cassée'!
Soyez tranquilles, la croissance d'Hydrangéa quercifolia est plutôt rapide, vous pourrez donc vous le procurer même faiblement raciné.

Il est certes original & très présent dans un jardin, mais son feuillage n'est évidemment pas son seul atout: en fin de printemps il développe de superbes inflorescences pyramidales d'un blanc parfait qui ferait presque mal au yeux! Souvent ses tiges se plient sous le poids de ses fleurs, aussi aurez-vous une bonne excuse pour en faire de superbes bouquets!!
Côté culture maintenant, il faut reconnaître que c'est un végétal qui n'apprécie que très moyennement les sols calcaires, vous devrez donc lui offrir un généreux apport de terre 'dite de bruyère' (donc acide) à sa plantation pour vous garantir son installation. Il va de soi qu'un bon amendement organique ne lui sera que bénéfique.

A défaut de pouvoir de l'acheter & comme pour tout bon Hydrangéa qui se respecte, sachez que vous pourrez facilement le bouturer: prélevez des tiges aoûtées de 15 à 20cm environ (sans oublier d'ôter les feuilles qui sont une machine à évaporer), avant de les planter sur leur tiers dans un substrat acide, léger, exposé
à mi-ombre & maintenu humide. Laissez une année passer avant de les repiquer.

La croissance d'Hydrangéa quercifolia étant importante (jusqu'à 2 mètres de hauteur sur un bon mètre 50 de largeur) prévoyez-lui somme toute un peu d'espace. L'idéal serait de lui attribuer un coin du jardin réservé aux plantes dites 'de terre bruyère', des végétaux appréciant de se développer dans un sol riche & pas trop calcaire. Il fera un bon voisin pour Camelia japonica, Sarcococca humilis ou confusa, Pieris japonica, Rhododendron 'Graziella' ou Leucothoe fontanesiana & autres Calluna...

En somme, et même si la photo que je vous propose n'est qu'une maigre illustration de ce à quoi peut ressembler la bestiole, ne vous privez pas de cet Hydrangéa!!
Photo ci-dessous: détail des feuilles d'Hydrangéa quercifolia prises au jardin du Musée du Quai Branly, à Paris...

Hydrangéa quercifolia Silvère Doumayrou
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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 00:01
Oh my God! Je risque de vous faire penser que j'en rajoute des tonnes, mais c'est véritablement ce que je me suis dit quand j'ai vu cette Alchémille!!

De retour de vacances (bien trop courtes évidemment) & avant de reprendre le boulot plus sérieusement, je me suis accordé une petite balade au Parc Floral de Vincennes (tout près de Paris) Après quelques émotions 'végétallistiques' comme Sedum spectabile en fleurs ou Mimosa pudica 'en pleur', mon regard à croisé celui d'Alchémille mollis: une vraie surprise!

Imaginez un petit sentier à peine stabilisé, des vivaces plein les pieds (& parfois jusqu'au nez!) où une incroyable compétition semble se jouer...
Plus près du sol, une plante toute modeste se développe & s'exprime en exposant ses délicates feuilles finement ciselées aux rayonnements d'un soleil adouci par un
feuillage épais: c'est Alchemille mollis, une petite vivace qui se développe idéalement à mi-ombre dans un sol humifère (= riche, léger & correctement amendé)

On pourrait la comparer à un mini Lotus par la forme de ses feuilles, bien sûr, mais aussi car   elle a la même faculté à repousser les gouttelettes d'eau à leur surface comme sur les plumes du canard (voir photo)
Mais Alchémille mollis est certainement plus connue pour sa délicate floraison que pour son léger feuillage... En effet, de mai à juillet (selon les régions), celle-ci déploie de légères & évanescentes inflorescences à mi-chemin entre le jaune & le vert (ce qui n'est pas pour me déplaire!) Cette manifestation donne un peu de 'hauteur' à la plante qui pousse plus à l'horizontale qu'à la verticale.

Néanmoins et ce sera mon dernier mot Jean-Pierre, je suis davantage touché par son feuillage que par le reste. Certes et à mon grand regret, celle-ci disparaît en début d'hiver... C'est juste pour nous procurer plus de plaisir encore quand on la voit renaître en début de printemps & ses feuilles se développer au fil du temps.

Sachez seulement qu'Alchémille mollis est 'stolonifère', c'est à dire qu'elle a tendance à se développer en 'rejetant' généreusement pour couvrir rapidement l'espace qui lui sera dédié. Si vous souhaitez l'installer durablement veillez à planter au moins 5 pieds espacés de 10cm environ afin de garantir une couverture idéale. Après quelques généreux arrosages vous aurez tout le loisir de contempler sa croissance & constater sa progression...

Photo ci-dessous: une bien mignonne Alchémille mollis immortalisée au Parc Floral de Vincennes en fin d'été...

Alchemille mollis Silvère Doumayrou
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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 00:01
C'est une première sur "La Pépinière 2" et il était temps (vu la quantité de végétaux que nous avons déjà abordés sur les deux sites!) que je vous parle d'une graminée... En fait, pas exactement, car nous avons déjà traité le cas de Setaria palmifolia, une graminée très 'exotique', mais peu résistante au froid. Celle-ci est bien moins fragile & devrait déjà avoir une place de choix dans nos jardins!...

Des graminées il y en a plein, on en parle souvent dans les magazines spécialisés, on les voit de plus en plus dans les aménagements paysagers et, même plus près de nous, au détour d'un jardin ou de certains ronds-points, mais Luzula nivéa n'est pas une graminée comme les autres!

En effet, contrairement à celles que l'on installe généralement (je pense aux Miscanthus ou aux Pennisetum, par exemple) celle-ci est de taille modeste: une cinquantaine de centimètres environ, floraison incluse. Elle n'est pas vraiment persistante comme le sont Fetuca glauca ou Carex comans mais ses feuilles, son port & ses inflorescences sont uniques!

En début de printemps, c'est une petite touffe de feuilles denses & duveteuses que vous installerez. Celles-ci sont courtes mais fines & souples. Duveteuses oui: le bord des feuilles est couvert d'un duvet presque blanc mais très discret. Cet attribut lui confère un 'toucher' soyeux, doux aussi pour les yeux...
Pas chiante la Luzule: elle se satisfait de n'importe quel sol de jardin, pourvu qu'il reste 'frais' (= légèrement humide) tout au long de l'année. Côté exposition, même si elle apprécie généralement le soleil, sachez que vous la réussirez également à mi-ombre.
Pour les 'maniaques' du jardin, il vous faudra simplement enlever les feuilles mortes ou jaunissantes quand elles se présenteront, ainsi que les inflorescences, une fois leur DLC  dépassée (= date limite de contemplation)...

Les inflorescences? Parlons-en! C'est certainement l'un des grands attributs de cette modeste graminée: porter de très denses infrutescences, presque blanches, en milieu de printemps, lesquelles semblent illuminer comme aucune autre plante nos parterres parfois trop vert! (voir photo)

Je dois reconnaître que je ne la trouve encore que chez les revendeurs spécialisés, mais quelque chose me dit qu'on la vendra bientôt dans les jardineries & dans les mêmes quantités que l'herbe à chat... Et ce sera tant mieux pour nos jardins!!

C'est Gilles Clément qui a certainement mieux compris que quiconque l'intérêt de cette graminée en l'incorporant, sur plusieurs dizaines de mètres carrés, dans sa réalisation des Jardins du Musée du Quai Branly à Paris où a été prise la (piètre) photo ci-dessous...


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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 00:01
On a tous en mémoire les Hortensias de nos grands-mères, ces plantes qui trônaient dans la plupart des entrées ombragées des petits pavillons de province ou au fond des jardins...
On les voyait sans les voir tant la mode les avait multipliés & que partout on pouvait les rencontrer. En fin d'été, des fleurs on en faisait des bouquets séchés, on se les coltinait donc du printemps à l'été mais aussi l'automne & même l'hiver!!
Au mieux, en sol acide ou au pied d'un grillage bien rouillé, ils devenaient bleus & sur eux seulement l'œil devait s'arrêter...

Mais ce temps est désormais révolu (peut-être grâce à la globalisation?) et l'on peut maintenant se procurer de nombreuses variétés d'Hortensia (en fait, d'Hydrangéa) dans n'importe quelle jardinerie correctement achalandée.
Je pense notamment à Hydrangéa quercifolia (= à feuilles de Chêne), à Hydrangéa arborescens 'Annabelle" (superbe floraison) ou encore Hydrangéa petiolaris (un des rares grimpants de la famille) Mais mon petit coup de cœur pour cette année va à Hydrangéa serrata 'Blue Bird', un des nombreux cultivars qui existe dans cette large 'confrèrie' (cultivar = une variété obtenue par bidouillage humain pour la plus grande satisfaction du bipède relevé)

En effet, après avoir 'over-dosé' l'Hortensia dans son ensemble (en fait, les Hydrangéa macrophylla), quelle ne fut pas mon soulagement quand mon chemin à croisé celui de serrata: un Hortensia tout mimi, de taille très raisonnable, aux fines feuilles ayant un fort penchant pour le pourpre & aux fleurs aussi gracieuses qu'éphémères!...
Cette phrase résume peut-être à elle seule toutes les qualités de cet Hydrangéa. Il n'a qu'un défaut: sa floraison est relativement courte - 3 semaines environ - mais celle-ci vaut vraiment  le coup (Il n'y a qu'à jeter un œil sur la photo ci-dessous pour comprendre ce qu'il peut dégager) Hydrangéa serrata 'Blue Bird' se pare d'une fleur aussi précieuse que délicate - j'adore!...

Pour l'installer, rien de plus simple: contrairement aux idées reçues il n'est pas nécessaire de prévoir une fosse de terre de bruyère (= substrat acide), car les Hydrangéa se plaisent admirablement en sol calcaire, pourvu qu'il reste frais en été. De plus, si celui est correctement amendé votre Hydrangéa n'en sera que plus satisfait.

En ce qui concerne la taille, il faut savoir (c'est ma popote, donc en aucun cas une règle!) que les Hydrangéa apprécient d'être taillés régulièrement. Quand vous les taillez ils portent moins de fleurs mais elles sont plus grosses, dans le cas contraire, plus de fleurs mais plus petites aussi. Pour ma part, je les rabat de moitié chaque année & plus court encore tous les 5 ou 10 ans pour les 'rafraîchir'. Vous pouvez également éliminer, tous les deux ou trois ans, les plus anciens des rameaux pour laisser se développer les nouveaux rejets.
Bref, il n'y pas de règle de côté-là & les adeptes de la 'non-taille' seront satisfaits puisque tout est permis avec les Hydrangéa...

Alors et pour conclure: on achète des Hydrangéa en veux-tu en voilà, on se moque d'avoir de la terre de bruyère ou pas, on les taille comme on veut ou on ne les taille pas en somme: quoi de plus simple & de plus généreux que les Hydrangéa?!! Je vous invite, bien entendu, à découvrir sur le Net les centaines d'espèces ou de cultivars que compte cette large famille que sont les Hydrangéa avant de vous conseiller de vous en procurer, au moins un, pour le plus grand plaisir de votre jardin!...

Photo ci-dessous: mon bien modeste Hydrangéa serrata 'Blue Bird' en fin de floraison dans mon 'laboratoire d'acclimatation'...

Hydrangéa serrata 'Blue Bird' Silvère Doumayrou
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 00:01
Oh la la... Je craque complètement!
Avant de vous livrer brutalement mes émotions, je dois remercier quelqu'un: François, chef de rayon "Marché aux Fleurs" d'une grande jadinerie parisienne (qui commence & qui fini par un "t"), pour m'avoir fait découvrir, il y a 1 an déjà, une plante dont je ne peux plus me passer: Cornus canadensis!...

Des "Cornus" il y en a plein! Parmi eux il y a Cornus alba "Aurea" (magnifique feuillage anis), Cornus alba "Sibirica" (aux superbes tiges rouges) ou encore Cornus controversa variegata qui a la particularité de développer ses branches en "plateaux"...
Ceux-ci ont tous un point en commun (en dehors du fait d'appartenir à la même famille): ce sont des arbres ou des arbustes...

Cornus canadensis, pour cette seule raison déjà, est totalement déroutant...
En effet, celui-ci ne dépasse guère les 20cm de hauteur & est "traçant"!! (= se développe de façon horizontale & colonisatrice comme le Bambou, par exemple)
On pourrait le comparer, pour son mode de développement, à Hypericum calycinum (que je déteste!) ou à Pachysandra terminalis (que j'aime beaucoup!) C'est un véritable couvre-sol de sous-bois...

A ses feuilles, vous reconnaîtrez bien celles des "Cornus" (en bien plus petites & plus mignonnes!) Celles-ci sont d'un beau vert tendre au printemps avant de s'épanouir puis de rougir à l'automne.

Mais alors et c'est certainement cela le plus séduisant, Cornus canadensis (= qui vient du Canada) se couvre, en milieu de printemps, d'innombrables petites fleurs blanches entourant un coeur plus sombre. Superbe! Vraiment!...
La plante toute entière est très fine, très élégante, le tout avec une grande modestie...

Cornus canadensis (et cela n'engage que moi) incarne le type de rencontre que j'aime avoir avec le "végétal". Une rencontre d'abord fortuite, une plante improbable (si l'on connaît un peu les autres membres de la famille), un feuillage délicat, un développement généreux & une floraison très gracieuse (mes copains vont se foutre de moi en lisant cela!) mais je le pense!...

Enfin, l'automne venu, Cornus canadensis jauni avant de rougeoyer: il ne vous laissera donc pas tomber, même les premiers gels arrivés!...
En région parisienne j'ai même pu constater que son feuillage était persistant, maintenant il n'est pas dit qu'il ne le perde pas sous les assauts du froid Canadien!...

Pour le cultiver, rien de plus simple: une exposition mi-ombragée, un sol frais & raisonnablement humifère ne pourront que le satisfaire.
Sincèrement, je crois qu'il n'est pas nécessaire de faire plus long, je vais vous laisser tranquilement regarder la photo de mon Cornus canadensis (adoré!), immortalisé juste avant plantation au début du mois de mai...

Cornus canadensis Silvère Doumayrou
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 00:01
(Texte de "David")

En ce gris matin de février 2009, je me hisse péniblement dans le bus 187 qui m’emmène - obligation professionnelle oblige - vers la Maison d’Arrêt de Fresne. Sombre matinée en perspective me dis-je ! Avachi contre la vitre du bus je laisse mon regard vagabonder dans les jardins de banlieue. Il doit bien y avoir un Trachy * ou deux par ici ?… (*= un palmier, Trachycarpus fortunei) Mais rien. Seuls des jardinets froids et impersonnels ! Bon sang, les gens pourraient faire un effort tout de même!


Quelque peu désemparé devant ce "vide végétal" je me laisse aller à imaginer des jardins remplis de palmiers et autres exotiques exubérantes… Mais les silhouettes des arbres squelettiques aux troncs assortis à la couleur du ciel défilent inlassablement sous mes yeux… Puis soudain, je l’aperçois, aérien et majestueux... Ai-je rêvé ?  Je descends précipitamment du bus et cours vers l’objet de mon hallucination, tel un gamin vers un toboggan…

Non, je n’ai pas rêvé : il est là, presque irréel, fier, tel un guerrier rescapé de la bataille livrée avec le gel intense de janvier dernier. Il me toise du haut de ses 6 mètres,  sa cime plongeant dans les cieux coquille d’huître de l’Île-de-France. Ses solides branches protègent jalousement, tel un trésor, de petits "grains d’or" qui, dans quelques semaines, donneront ces fleurs tant prisées au parfum si suave. Allez, le temps est venu de vous présenter ce grand australien blondinet : Acacia dealbata ou « mimosa » pour les intimes.

Il n’en faut pas moins pour décrire la rencontre, encore trop rare dans la région, avec ce superbe végétal qu’est le « mimosa » ou plutôt devrais-je dire Acacia dealbata.

Mais attention, je ne parle pas de n’importe quel "mimosa", mais du mimosa "sauvage", celui qui emplit vos souvenirs de vacances sur la côte d’azur ou sur le littoral atlantique et non pas du mimosa "greffé" que beaucoup de jardineries proposent à la vente. Ce dernier est en effet beaucoup moins résistant au gel que son cousin sauvage.

Hé oui, jardinières, jardiniers… On vous ment, on vous spolie!

Mon objectif est ici est de plaider en faveur du "vrai mimosa" et de chasser l’usurpateur! Quae sunt caesaris, caesari* comme dirait l’autre! (*= Il faut rendre à César ce qui appartient à César)

Le mimosa – nommons-le ainsi, c’est plus simple - qui est fréquemment vendu en jardinerie sous la dénomination d’Acacia dealbata est en fait très souvent une greffe sur un autre Acacia qui sert de "porte-greffe". Il s’agit, dans la majeure partie des cas, d’Acacia retinoides (le fameux "mimosa des quatre saisons") qui résiste très peu aux gelées (-5°c environ) Cela confère donc une piètre résistance au gel à l’ensemble du plant. De plus, s’il gelait jusqu’au pied, il ne ferait pas de rejets. Dans certains cas, ce serait le porte-greffe qui referait des pousses, à condition toutefois que le bois ne soit pas intégralement mort…

A l’inverse, le "mimosa sauvage" n’est évidemment pas greffé. C’est donc un vrai Acacia dealbata, des pieds à la tête! Il aura donc la faculté de résister à -10°c environ pendant une courte période (avec probablement juste une partie du feuillage endommagée) A cette température, l’Acacia greffé aura gelé "jusqu’à l’os" !

Si toutefois, le mimosa sauvage venait à geler entièrement (feuillage et tronc), il serait capable de produire des rejets à condition toutefois que le sol ne soit pas gelé en profondeur.

La comparaison est édifiante et l’on peut se demander pourquoi alors vendre des "mimosa greffés" s’ils sont si peu résistants au gel!?

Il y a plusieurs raisons à cela. La première est assez simple : les Acacia et, particulièrement Acacia dealbata, détestent les sols calcaires. Il existe cependant certaines espèces d’Acacia qui supportent de tels sols, c’est le cas de notre Acacia retinoides. Et là vous voyez sûrement où je veux en venir?! Comment cultiver un Acacia dealbata en sol calcaire? En le greffant sur un Acacia retinoides!

Seconde raison invoquée : un Acacia dealbata greffé donnerait une floraison plus abondante et plus précoce qu’un Acacia dealbata  sauvage, donc non greffé. Certes!

J’ai une petite méthode pour repérer du premier coup d’œil un Acacia dealbata greffé d’un non greffé : le premier a un feuillage et un tronc très verts tandis que le second possède un feuillage légèrement vert glauque voire grisé pour certains; le tronc est également un peu cireux.

Alors convaincus? Eh bien à vos boutures et semis!

Une dernière précision : s’il vous prenait l’envie de prélever des rejets du mimosa sauvage, faites-le impérativement entre octobre et fin mars, en dehors de cette saison les rejets prélevés ne survivent guère à la transplantation...

Ci-dessous, un "vrai mimosa" (Acacia dealbata), prit fin février au Jardin des Plantes à Paris...

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Published by Silvère Doumayrou - dans Végétaux
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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 00:01
Je vais vous raconter une histoire tout à fait insignifiante: celle de ma rencontre improbable avec Salix irrorata... (oui, je sais, c'est un drôle de nom!!)
Je me suis retrouvé, il y a quelque temps, dans une zone industrielle aussi lugubre qu'abandonnée, délaissée même par l'investisseur le plus téméraire qu'il soit, en banlieue parisienne. Après un rendez-vous, en quittant le parking de mon hôte, j'ai vu un amas de branchages blancs qui, de loin, aurait pu être du Rubus cockburnianus, une sorte de grande ronce très érigée au bois de couleur étonnamment blanche. En m'approchant, j'ai dû me rendre à l'évidence que je me trompais & qu'il s'agissait là d'une toute autre plante.
Les feuilles mortes délicatement déposées sur le sol par leur propriétaire & la forme caractéristique des bourgeons autant que des jeunes pousses m'ont fait rapidement penser à un Saule oui, mais lequel?!...

J'ai fait une photo et, à tout hasard, l'ai envoyée à mon copain Laurent Ballot (jardinier à l'Ecole de Botanique du Jardin des Plantes à Paris) Quelle ne fut pas ma surprise de le voir me répondre si rapidement à ma question: "C'est quoi cet OVNI?!!" C'était notre Salix irrorata!...
On connaît bien les arbustes à écorces sympa, encore plus depuis qu'on s'est fait offrir le livre de Cédric Pollet* pour Noël, type Cornus alba "Sibirica", Prunus serrula, Arbutus xalapensis,
Acer griseum ou autre Betula utilis mais, il était où celui-là quand on s'intéressait aux écorces? Bien planqué, je crois!...
Quoi qu'il en soit, je suis très heureux de l'avoir découvert & vais certainement l'intégrer dans mes prochaines plantations. A ma connaissance je ne l'ai encore jamais vu en pépinière (ou jardineries) - ne me demandez pas pourquoi, je n'en ai aucune espèce d'idée! - j'ai juste beaucoup d'espoir de pouvoir multiplier ce rare Saule, comme tous les représentants de son espèce, par simple bouture fichée dans l'eau...

Bon, je n'ai pas besoin de vous décrire l'arbuste, la photo ci-dessous le fera bien mieux que ces quelques mots & un petit tour sur le Net complètera ces infos. Ce qu'elle ne vous montre pas c'est qu'il porte des feuilles, typiquement de Saule, à savoir plutôt vertes & plutôt allongées (!) et ce, de mars à novembre si tout va bien...
Les couleurs uniques (rouge d'abord, puis blanche ensuite) de ses branchages, ne s'obtiennent que sur les jeunes tiges, avant que celles-ci ne lignifient (= faire du bois) Aussi vous faudra-t-il tailler l'arbuste sévèrement tous les deux ans, en début de printemps. De cette façon, vous obtiendrez un sujet aussi
structuré que décoratif.
Côté entretien, pas besoin de se faire des cheveux blancs: il ne requiert qu'un sol lourd & frais et, si possible, des arrosages réguliers en été
ainsi qu'une taille légère en fin d'année (n'oublions pas que les Saules aiment l'eau & poussent bien volontiers en bord de berges, même si celui-ci semble pouvoir s'en passer) C'est tout. Alors plus d'excuse pour ne pas le voir dans nos jardins!...

Pour revenir à mon introduction & en guise de conclusion: même dans un lieu dénué de toute humanité on peut trouver un végétal aussi original que "jamais vu auparavant"!...
Photo ci-dessous: détail des branches de Salix irrorata dans l'improbable
parterre d'une triste zone industrielle en région parisienne...
*en lien ci-contre

Salix irrorata Silvere Doumayrou
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